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Entre innovation et tradition, Adrien Vieillet un chocolatier d’art engagé

Adrien Vieillet, un savoir faire à l’ancienne sublimé par les nouvelles technologies.

Breton d’origine, spécialisé dans la robotique industrielle, Adrien Vieillet est aujourd’hui chocolatier d’art à Aouste-sur-Sye, dans la Drôme. Avec ses moules en 3D, l’innovation technique se fait gourmande, au service d’un artisanat traditionnel, d’une production locale, de l’équité et de la qualité. Un parcours riche, engagé et passionnant qu’il poursuit depuis trois ans chez Solstice.

Après une formation en génie mécanique et productique à Rennes, Adrien Vieillet démarre sa carrière professionnelle dans la robotique industrielle. Il passe quelques années dans le secteur automobile avant d’en partir, écœuré par le « gâchis des ressources humaines et matérielles de certains grands groupes ». Pour lui, une autre manière d’entreprendre est possible, faite de respect des hommes et des territoires, « à l’opposé du cynisme et du mépris affichés par les multinationales dans leur manière de produire et de concevoir les relations de travail ». Il démissionne et prend le temps de rénover une maison en Bretagne. Entre deux enduits décoratifs, des travaux d’électricité et de plomberie, il s’investit auprès des agriculteurs locaux. « J’avais envie de connaître leurs problèmes, de comprendre leur choix et de les aider à trouver des solutions. Je pense notamment à cet éleveur de poules qui allait dans ses bâtiments en scaphandre tellement il mettait de produits chimiques ! Ensemble, nous avons réussi à les remplacer par des parasites produits par une petite société nantaise et, au bout de quelques mois, son fils de 3 ans pouvait l’accompagner voir les animaux. » A cette époque, il s’intéresse aussi beaucoup à l’énergie, notamment au recyclage des huiles de friture usagées pour faire tourner les tracteurs, tout en aidant « les copains maraichers à faire des paniers et ramasser des patates… »

Se réapproprier les moyens de production

Poursuivant ses actions contre le gaspillage et l’obsolescence programmée, Adrien commence à fabriquer en 2006, ses premières imprimantes 3 D et à concevoir des pièces de réparation pour petits matériels ménagers et agricoles. « J’ai découvert tout un échange de savoirs à travers le monde permettant aux citoyens et aux petites structures de se réapproprier librement, et sans brevet, les moyens de production. » En 2012, il tombe sous le charme de la Drôme et s’installe un an après à Die, où il crée Machins-Machines, une association de fabrication, de conception et de formation au matériel 3D, hébergé à l’espace de co-working l’Atelier. Il accompagne notamment des collégiens, des lycéens et des jeunes en difficulté jusqu’au jour où le chocolatier Paul Keruel vient le voir pour lui demander un rapport sur les possibilités de fabrication en 3D. Les deux hommes ont en commun la même passion technique, le goût d’apprendre et la volonté de valoriser les richesses du terroir. « J’avais envie de me rapprocher du milieu agricole, d’aller un peu creuser la filière cacao et de rencontrer les producteurs sud américains sur les plantations. Paul m’a proposé de m’accompagner sur tout l’apprentissage du travail du chocolat et de nous associer pour développer une chocolaterie traditionnelle, pour laquelle nous avons à cœur de travailler les fruits et les fleurs de la Drôme et des tablettes personnalisables en 3D, qui permettent aux entreprises d’offrir des cadeaux plus originaux et équitables que des stylos ou des clés USB fabriqués en Chine ! »

Une innovation technique au service de l’artisanat

Attaché au monde coopératif, Adrien ne connait pourtant pas l’existence des CAE qu’il découvre lors d’une journée portes-ouvertes organisée par Solstice, à Die. Il intègre la structure en 2016 pour lancer « Chocolatiers d’Art et Compagnie » et bénéficier d’un accompagnement juridique, stratégique et commercial. « Aujourd’hui, notre spécificité c’est un process de fabrication de moules en 3D, en petite série, qui marche très bien. » Ses projets ? Continuer à innover. « Nous menons beaucoup de recherche et développement en interne. Ce qui nous nourrit, c’est de mettre au point une innovation technique, développée par des communs, au service de l’artisan et ce, à un niveau local. » Une réussite sans aucun arrière goût d’amertume…

 

L'action d'accompagnement des Entrepreneurs-Salariés des CAE (Coopératives d’Activité et d’Emploi) de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et le pilotage de cette action par AGF SCOP ENTREPRISES sont cofinancés par l'Union Européenne et la Région Auvergne-Rhône-Alpes.