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Pour Marie Louvet, les CAE sont « un vrai projet politique » !

Pour Marie Louvet, l’arrivée en CAE peut être vécu comme la possibilité d’être vraiment soi-même.© Anne-Lore Mesnage / CAE Prisme

Révélatrice de liens[1] chez Prisme, Marie Louvet évoque avec une sincérité touchante sa vision du salariat. Une belle histoire personnelle et une réflexion salvatrice sur le rapport au travail et les nouvelles manières d’entreprendre individuellement dans un collectif comme une CAE.

 

[1] Marie Louvet intervient sur des sujets innovants en matière d’organisation, également définis comme de la facilitation en intelligence collective et en gouvernance.

Après dix années d’études dans différents domaines et beaucoup de voyages, Marie Louvet s’installe en Ardèche, où elle a passé son adolescence, et entre dans la vie active. A 28 ans, elle gère durant quatre ans le réseau de bénévoles d’une association locale spécialisée dans le tri sélectif sur événement et s’intéresse de près à l’articulation, parfois complexe, entre salariat et bénévolat. « A partir du moment où les individus agissent en éprouvant de la satisfaction et en donnant du sens à leur action, les difficultés rencontrées sont plus d’ordre institutionnel qu’humain. » Cette première expérience professionnelle la marque profondément et l’amène à réfléchir sur le statut du travail dans la société. « La manière dont les gens peuvent être engagés individuellement face aux contraintes organisationnelles des entreprises m’ont fait explorer de nouveaux modes de gouvernance. Le travail, tel qu’il est conçu aujourd’hui, oblige l’organisation classique managériale et hiérarchique à des séparations contre-nature qui placent bien souvent les individus dans des situations un peu schizophréniques. » Des cas concrets et des réflexions l’ayant « beaucoup nourrie et violentée. »

Intelligence collective et soulagement individuel

C’est donc assez logiquement qu’elle quitte son poste, bien décidée à se laisser du temps pour explorer l’écriture et prendre la vie comme elle vient. « J’ai passé une décennie à étudier en prévision d’un projet qui finalement ne se réalisait jamais. Nous évoluons dans une société de la prévision, de la construction de carrière brique par brique. J’ai mis tout ce temps à me rendre compte que ce n’était pas ma manière de fonctionner ! » Enfin libérée de ce carcan social, Marie est sollicitée pour animer un événement, puis deux, trois… « Je me suis retrouvée avec des propositions de travail à facturer alors que je n’avais pas de statut. » Par connaissance, elle pousse la porte de chez Prisme, conscience que ses inclinations personnelles l’amenaient plus vers le collectif que l’auto-entreprise. « Avec mes convictions, je ne me voyais plus dépendre d’une quelconque hiérarchie ni me lancer toute seule. Pour moi, la CAE est un projet politique, dans le vrai sens du terme : l’organisation de  la cité et le fonctionnement collectif. C’est une forme de réconciliation entre des attentes considérées comme opposées, à savoir la liberté et la sécurité, le collectif et l’individu. » Elle évoque ainsi sa rencontre avec des personnes ayant vécu « la solitude immense de l'auto-entrepreneur » et témoigne de « l’arrivée en coopérative souvent décrite comme un soulagement ». A 32 ans, elle se définit comme révélatrice de liens, au service d’une innovation organisationnelle qui ferait la part belle à l’intelligence collective et à l’épanouissement personnel. « La possibilité d’être vraiment soi-même ! »

 

L'action d'accompagnement des Entrepreneurs-Salariés des CAE (Coopératives d’Activité et d’Emploi) de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et le pilotage de cette action par AGF SCOP ENTREPRISES sont cofinancés par l'Union Européenne et la Région Auvergne-Rhône-Alpes.