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Magali Geindre, engagée pour une gouvernance partagée

Les membres du pôle stratégique de Graines de SOL ont été désignés par une élection sans candidat.

Par Graines de SOL

 

Entrepreneure salariée et membre du pôle stratégique de Graines de SOL, Magali Geindre revient sur la démarche initiée depuis des années par la coopérative en faveur d’une gouvernance partagée. Une manière innovante de concevoir les prises de décision, favorisant les échanges entre le stratégique et l’opérationnel.

A votre compte chez Graines de SOL, depuis 2010, dans la communication et le marketing vous êtes très engagée dans la mise en place d’une gouvernance partagée. Quel regard portez-vous sur l’évolution organisationnelle de la CAE ?

 

« L’idée de partager les prises de décisions a été défendue dès la création de Graines de SOL, par Marie Mayyas, la première gérante. Un petit collectif d’entrepreneurs volontaires, dont je faisais partie, se réunissait ainsi tous les deux mois avec les permanents pour les aider à trancher sur les orientations stratégiques, notamment liées à l’adaptation au changement. Suite à l’application de la loi ESS et l’obligation pour les entrepreneurs de devenir associés au bout de trois ans, nous avons réfléchi à une gouvernance encore plus partagée. Un séminaire de travail, organisé en janvier 2017, pour appréhender cette transformation et intégrer au mieux ces dizaines de nouveaux associés a permis de lancer un groupe de travail chargé d’imaginer la gouvernance de demain. Nous avons passé de nombreuses heures à concevoir un nouveau schéma organisationnel adopté, l’année dernière, en assemblée générale. »

 

En quoi consiste ce nouveau schéma de gouvernance ?
« Le premier changement est d’être passé en SAS, avec une présidente et plusieurs organes de décision. A côté de l’équipe d’appui qui gère tout ce qui relève de l’opérationnel, vient s’ajouter un pôle stratégique composé de 15 personnes, dont trois permanents, ayant été désignées par une élection sans candidat lors de la dernière AG. Ce même jour, quatre personnes se sont portées volontaires pour devenir référents opérationnels et mettre en place des groupes de travail inter-entrepreneur. Nous avons également constitué un comité de coordination qui va se réunir pour la première fois la semaine prochaine et dont l’objectif est de vérifier, une fois dans l’année, que les rouages tournent bien. »

 

 

Cette élection sans candidat est inspirée des principes de la sociocratie. Comment s’est-elle déroulée ?

« Nous étions réunis par table de douze. Après une description des qualités et de l’état d’esprit requis pour être candidat, chacun s’est exprimé pour désigner la personne répondant au mieux à ces critères, en expliquant les raisons de son choix, sachant qu’on pouvait se présenter soi-même. Selon les groupes, sont ressortis différents noms. Tous les participants sont intervenus une deuxième fois pour confirmer ou changer leurs premiers votes, puis un circuit d’objection nous a permis de désigner les membre du pôle stratégique, étant entendu qu’ils avaient la liberté de refuser. »

 

Ce qui veut dire que le nombre de personnes n’était pas défini avant l’élection et que beaucoup de monde assistait à cette AG ?

« Effectivement, nous ne savions pas combien de personnes seraient élues. Nous nous étions fixés une fourchette entre 10 et 15 membres. Nous avons aussi beaucoup communiqué en amont, pour qu’un maximum d’entrepreneurs associés participe à cette AG et en mesure toute l’importance, d’autant plus qu’elle se déroulait sur une journée entière ! Celle qui arrive dans quelques jours devrait être plus légère … »

 

Quel premier bilan tirez-vous après un an d’exercice ?

« Je retiens un côté très stimulant et valorisant même si nous avons rencontré des difficultés comme gérer la frustration des nouveaux venus n’ayant pas participé au travail préparatoire des dernières années et des « anciens » qui ont du freiner un peu leur envie d’avancer plus vite. Passer à une gouvernance horizontale demande un temps plus ou moins long pour oublier le schéma managérial classique de l’entreprise. Pour avancer dans la co construction, il faut apprendre à dire les choses et favoriser la communication entre le stratégique et l’opérationnel. Qui prend en charge quoi ? Qui décide quoi ? Il a bien fallu une année pour se caler. Le prochain comité de coordination devrait faire ressortir les axes d’amélioration et ce sur quoi on peut continuer à s’appuyer pour avancer. »

 

L'action d'accompagnement des Entrepreneurs-Salariés des CAE (Coopératives d’Activité et d’Emploi) de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et le pilotage de cette action par AGF SCOP ENTREPRISES sont cofinancés par l'Union Européenne et la Région Auvergne-Rhône-Alpes