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Idée reçue : Je peux m'autofinancer, je n'ai pas besoin d’un soutien financier

Dans un premier temps, je préfère me débrouiller tout seul. C’est une phrase que l’on entend souvent dans la bouche des différents créateurs d’entreprise.

Aujourd’hui 65% d’entre eux concrétisent leur projet en mobilisant uniquement leurs fonds propres, soit 10 points de plus qu’en 2010. Ce total n’inclut pas les micro-entreprises dont la prise en compte ferait augmenter ce chiffre à environ 85%. Alors faut-il emprunter ou pas ? Tout est question d’échelle et d'anticipation. En dessous de 8 000 euros, les banques accordent rarement un prêt professionnel, alors mieux vaut pouvoir compter sur ses fonds mais aussi, et c’est important, sur les aides et les financements  à la création dont de nombreuses personnes ne connaissent pas l’existence. C’est pourquoi il est important de s’informer et de se faire accompagner.

Ce qui vaut pour tous, que l’on emprunte ou non, est d’être vigilant à sa capacité de remboursement et à garder une trésorerie suffisante pour assurer les dépenses courantes ou les petits imprévus. Et là aussi le conseil est essentiel ! Il ne faut pas foncer tête baissée et consacrer toutes ses économies et ses droits Assedic (l’ARCE)  pour son  projet. Garder un peu d’argent de côté est indispensable. D’autant plus que les premiers mois il est souvent impossible de se verser un salaire et que les coûts de lancement d’une entreprise sont souvent supérieurs à ce qui avait été initialement estimé et que le chiffre d’affaire met souvent plus de temps que prévu à décoller. Et si une petite activité démarre bien, pour convaincre une banque ou un financeur, mieux vaut pouvoir démontrer que le budget a été bien maîtrisé jusque là et que l’on sait où l’on va. D’où la nécessité d’anticiper et de savoir répondre à la question : au-delà du financement de mes besoins pour démarrer, dans 3 ou 6 mois de quoi aurai-je besoin et qui pourrait m’aider ? »


Etienne Taponnier, Directeur régional Auvergne Rhône-Alpes de l’ADIE